Le savon naturel versus commercial

par Avr 11, 2020Uncategorized

Les composantes du savon

Vous êtes vous déjà demandé de quoi étaient composés les savons commerciaux versus les savons artisanaux?

Jusqu’au début des années 1900 la plupart du savon était fait à la maison. Les gras de cuisson et de boucherie étaient gardés à cette fin jusqu’à ce qu’il y en ait assez pour faire un lot de savon. Cela à changer en 1916 quand une pénurie de graisse est arrivée à cause de la première guerre Mondial. Comme une alternative devenait nécessaire, des entreprises ont mis au point les premiers savons synthétiques, les détergents.

Le succès de la fabrication du savon vient principalement de la connaissance du processus chimique et de l’expérience. Les savons artisanaux d’aujourd’hui sont beaucoup doux qu’auparavant surtout à cause des huiles et des beurres d’origines végétal qui ont en grande partie remplacées les graisses animales.

Du point de vu chimique le savon est un ester. Les acides gras contenus dans les huiles réagissent avec l’hydroxyde de sodium (lessive) pour former l’ester qu’on appel le savon. La saponification c’est le processus qui forme les savons et il intervient entre les molécules de graisses et d’huiles et l’hydroxyde de sodium, il en résulte le savon.

Les savons faits à la main contiennent de la glycérine qui se forme naturellement lors du procédé de saponification. Cette dernière est reconnu afin d’hydrater et adoucir la peau de façon naturelle. Les fabricants de savons commerciaux , par procédés chimiques, l’enlèvent pour la revendre séparément. Les ingrédients naturels sont très rarement utilisés dans la conception des savons commerciaux et s’ils le sont ce n’est que de façon parcimonieuse. C’est justement un des meilleurs avantages de la fabrication des savons artisanaux, car il y a un meilleur contrôle de la qualité et ils sont souvent fabriqués avec des ingrédients naturels. Les savons commerciaux sont généralement conçus de restant de graisse animal d’animaux domestiques, tel que les chiens et les chats euthanasiés, ainsi que les animaux de toutes espèces envoyés à l’abattoir. Arrivant en état de putréfaction à l’usine de transformation, ils sont bombardés de produits chimiques pour contrer les bactéries, ajuster le PH et additionnés de surfactants pour faire faire la mousse. D’autres matières sont également recyclées dans les savons commerciaux tel que les huiles de fritures usées des restaurants et les huiles synthétiques à base de dérivé de pétrole… Il n’est pas étonnant que la différence de prix soit si grande avec les savons artisanaux, sans contredit de meilleurs qualité; et que la majorité des utilisateurs de ces produits commerciaux de synthèses, se retrouvent avec des problèmes sévères de peau sèches et de démangeaisons. Il est certain que le coût de fabrication de masse de ces savons qui sont de piètre qualité et ne peuvent pas être comparés à ceux fabriqués à base d’huile d’olive. De plus, tout ce qui est mis sur la peau pénètre dans le corps et est véhiculé par le système sanguin. C’est un penser-y-bien, non seulement pour vous, mais pour l’environnement.

Savons et chimie 

Le savon peut être défini de plusieurs manières:

Dans le dictionnaire: “Produit utilisé pour le dégraissage et le lavage, obtenu par l’action d’un alcali sur un corps gras”.

Pour le chimiste, il s’agit de “sels alcalins des acides carboxyliques à longue chaîne”, ou plus simplement d’un “sel d’acide gras”.
En fait, le chimiste considère tout ce qui est produit par une “saponification” comme du savon… Pour tenter de simplifier, je dirai que la saponification est une réaction semblable à une neutralisation (base + acide = eau + sel), mais où l’acide est une graisse organique et où les produits sont un sel non neutre et de la glycérine. On obtient donc une équation semblable à: Base + Graisse (acide) = Savon + Glycérine.

Comme on a pu le constater, les mêmes ingrédients reviennent souvent au cours de l’histoire du savon: la cendre, l’argile, les corps gras et on fait même mention du sodium (bicarbonate de soude). On comprend assez aisément le rapport existant entre les corps gras utilisés par nos ancêtres et les acides gras nommés plus haut. De même, peut-on croire que le bicarbonate de soude ait joué le rôle de réactif basique? Mais que vient faire la cendre dans tout cela? La cendre de bois contient une grande quantité de potasse, KOH, un composé alcalin du potassium. Le mot “potasse” vient de l’anglo-saxon pot ashes, “les cendres du pot”. Les cendres étaient effectivement recueillies dans un pot, puis on les mélangeait à de l’eau pour obtenir une lessive caustique alcaline. C’est cette lessive qui, pendant des siècles, servira comme réactif basique dans la fabrication des savons. Le développement de l’industrie permet, aujourd’hui d’extraire la potasse directement du sol, sous forme de sels minéraux, ce qui permet de sauter l’étape de la cendre. L’industrie n’aura, finalement, qu’actualisé une recette vieille de plus de 2000 ans.

Comment les savons lavent-ils?

Le savon de sodium (le plus commun sur le marché), le “stéarate de sodium” a pour formule moléculaire: NaOOC17H35. Ce sont des longues molécules hydrocarbonées, semblables à la paraffine (il est possible de remplacer les graisses animales et végétales par des dérivés du pétrole!) sur lesquelles se sont greffés des radicaux de sodium alcalins. Lorsqu’elles entrent en contact avec l’eau, les molécules de savon se scindent et donnent des ions hydrocarbonés chargés négativement. Ces ions sont hydrophobes (ils ont tendance à fuir l’eau), donc insolubles. Ils se regroupent au sein de la solution en petites particules que l’on nomme “micelles”. On retrouve dans l’eau d’innombrables micelles fortement chargées négativement qui s’associeront éventuellement à des particules de saleté chargées positivement. Le tout sera finalement balayé par l’eau de rinçage…

Et la “broue” dans tout cela?

La particularité des ions hydrophobes fait du savon un “agent tensioactif”, c’est-à-dire qu’il peut modifier la tension superficielle de l’eau. Les mousses se forment simplement lorsque, dans le brassage de l’eau savonneuse, des petites quantités d’air sont emprisonnées par un mince film d’eau, ce dernier étant renforcé par un minuscule “rempart” de molécules de savon.
Alors, désolé pour les sceptiques: ce n’est pas la quantité de mousse qui fait la qualité d’un savon…

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