L’influence du psoas et de la hanche sur le dos
Le pont entre les membres
et la colonne
Le bassin
Un carrefour stratégique.
S’il existe un carrefour stratégique dans le corps humain, c’est sans aucun doute le bassin. Situé au centre géométrique de notre anatomie, le bassin est l’élément de jonction entre les membres inférieurs (qui reçoivent les forces de réaction du sol) et la colonne vertébrale (qui soutient le tronc, les bras et la tête).
Le bassin fonctionne comme le véritable « niveau à bulle » de notre posture. S’il bascule vers l’avant, vers l’arrière ou se vrille sur le côté, c’est l’ensemble de la colonne vertébrale qui doit plier pour maintenir la tête droite et le regard à l’horizontale.
Au cœur de cette dynamique centrale se trouve un groupe musculaire profond au rôle déterminant : le complexe psoas-iliaque. Comprendre la mécanique du psoas permet d’éclairer sous un jour nouveau la majorité des inconforts qui touchent le bas du dos, les hanches et même la région thoracique.
L’anatomie unique du psoas-illiaque
Le pont entre les membres et la colonne
Le muscle ilio-psoas est composé de deux faisceaux principaux qui se réunissent en un tendon commun :
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Le muscle iliaque : Il tapisse toute la face interne de l’os du bassin (la fosse iliaque).
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Le grand psoas : Il prend sa source directement sur les faces latérales des corps vertébraux et des disques intervertébraux de la dernière vertèbre dorsale ($T12$) et de toutes les vertèbres lombaires ($L1$ à $L5$).
Le psoas descend à l’intérieur de la cavité abdominale, traverse l’avant du bassin et vient s’insérer sur le petit trochanter, une petite éminence osseuse située sur la face interne du fémur (l’os de la cuisse).
C’est le seul muscle du corps humain qui relie directement le squelette axial (la colonne vertébrale) aux membres inférieurs (les jambes). Sa fonction principale est la flexion de la hanche : c’est lui qui permet de lever la cuisse vers le buste ou de pencher le tronc vers l’avant.
La rétraction du psoas:
Une conséquence de la position assise
Notre mode de vie contemporain nous amène à passer de nombreuses heures assis (sur des chaises, des sièges d’automobile ou des canapés). Dans cette position, les hanches sont maintenues pliées à 90 degrés, plaçant le psoas en position de raccourcissement passif pendant des heures consécutives.
Avec le temps, le tissu musculaire perd sa capacité à s’allonger complètement. Lorsque la personne se lève pour se mettre debout, le psoas rétracté refuse de s’étirer. En raison de ses points d’attache, il exerce alors des forces considérables sur la structure :
1. L’hyperlordose par traction antérieure
En refusant de s’allonger, le psoas tire les vertèbres lombaires vers l’avant et vers le bas. Cela accentue exagérément le creux du bas du dos (hyperlordose) et bascule le bassin vers l’avant (antéversion). Les facettes articulaires à l’arrière des vertèbres se retrouvent écrasées les unes contre les autres.
2. Le cisaillement et la compression discale
La traction axiale du psoas vers la jambe crée une force de compression verticale sur les disques intervertébraux lombaires. Les disques situés entre L4-L5 et L5-S1 subissent une pression constante, réduisant leur capacité naturelle à se réhydrater correctement pendant la nuit.
3. La perte d’extension de hanche lors de la marche
Pour marcher de façon économique, la jambe arrière doit pouvoir s’étendre naturellement derrière le corps à chaque pas. Un psoas rétracté bloque cette extension de hanche. Pour réussir à avancer le pas malgré tout, la personne est contrainte de cambrer le bas du dos ou de vriller le bassin à chaque étape, fatiguant la charnière lombaire à raison de milliers de répétitions quotidiennes.
Le phénomène
d’amnésie fessière
En neurologie musculaire, il existe une loi fondamentale appelée l’inhibition réciproque : quand un muscle situé d’un côté d’une articulation est hypertonique ou trop tendu, le système nerveux diminue automatiquement le signal électrique envoyé au muscle opposé pour éviter qu’ils ne se battent l’un contre l’autre.
Le muscle opposé au psoas est le grand fessier, le muscle le plus puissant du corps humain, responsable de l’extension de la hanche et de la stabilisation du bassin.
Lorsqu’un psoas est chroniquement rétracté :
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Désactivation des fessiers : Le grand fessier devient paresseux ou inhibé (un phénomène couramment appelé « amnésie fessière »). Il perd sa capacité à se contracter au bon moment lors de la marche ou de la montée des escaliers.
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Surcharge du carré des lombes : Privé du soutien de la masse fessière pour maintenir le bassin droit, le corps recrute en urgence le carré des lombes, un muscle profond du bas du dos. Ce muscle, conçu pour de l’ajustement fin, se retrouve à porter la stabilité du bassin. Il devient dur, hypertonique et douloureux.
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Spasme du piriforme : Pour tenter de stabiliser la hanche en l’absence du grand fessier, les petits muscles rotateurs profonds de la fesse (comme le piriforme) se verrouillent en spasme. Situé à proximité immédiate du nerf sciatique, un piriforme spasmé peut venir frotter ou compresser ce grand nerf, provoquant des élancements le long de la cuisse.
La transmission vers le haut
L’interconnexion psoas-diaphragme
L’influence du psoas ne s’arrête pas au bas du dos et au bassin. Son impact remonte plus haut dans le buste par une continuité anatomique directe avec le diaphragme.
Au niveau de la 12e vertèbre dorsale ($T12$), les piliers du diaphragme (les tendons qui ancrent le dôme respiratoire sur la colonne) s’entrelacent directement avec les fibres supérieures du psoas, partageant le même réseau de fascias.
Une tension chronique dans le psoas se transmet immédiatement au diaphragme :
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Le dôme du diaphragme perd sa liberté de mouvement vers le bas.
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La charnière thoraco-lombaire ($T12-L1$), zone de jonction entre le milieu et le bas du dos, devient extrêmement rigide.
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Pour réussir à tourner le buste ou regarder sur le côté, la personne ne peut plus utiliser la mobilité de son milieu du dos. Elle doit compenser en forçant sur les vertèbres cervicales hautes.
Ainsi se referme le cercle anatomique : une immobilité des hanches et une rétraction des psoas causées par une position assise prolongée finissent par imposer des contraintes mécaniques sévères sur l’ensemble de la colonne vertébrale, jusqu’à la nuque.
Retrouver l’équilibre et
la synergie du corps
Le corps humain est un système dynamique d’une immense complexité où tout est relié. Aucun muscle ne travaille dans l’isolement, et aucun inconfort ne survient par hasard dans une zone isolée.
Chaque tension, chaque raideur et chaque perte de mobilité est le résultat d’un dialogue permanent entre nos habitudes quotidiennes, notre posture, notre respiration et l’adaptation de nos chaînes musculaires. Prendre conscience de ces continuités anatomiques, c’est poser le premier regard avisé sur son propre corps : un corps qui ne demande qu’à retrouver son équilibre, sa synergie et sa liberté de mouvement.
Chez Nhôa’z Eden, l’évaluation attentive de la posture globale permet d’identifier ces compensations profondes pour vous accompagner vers un soulagement durable et rééquilibrer les appuis de votre corps.